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Les trilleras ou chants de trilla (battage) sont un palo flamenco d’origine folklorique. Il s’agissait au début de chants de campagne à caractère populaire, associés aux travaux ruraux et peu pratiqués par les professionnels. Sa structure linéaire et non mélismatique ainsi que sa claire ressemblance mélodique avec la nana, révèlent son origine castillane, où l’on trouve également de véritables chansons de trilla. Ainsi, il s’agit d’un type de chant assez ancien, bien que sa transformation vers le style flamenco eût probablement lieu au XIXe siècle. Les trilleras s’exécutent sans accompagnement à la guitare, mais plutôt avec un rythme basique marqué par des grelots et des clochettes, rappelant les grelots des montures que portaient, à l’époque, les bêtes de trait pendant le battage du blé sur les aires. Le chant est souvent complété par des voix de muletier du propre cantaor, afin d’encourager le travail des animaux. Les auteurs signalent que ce chant est caractéristique des paysans castillans et que ce fut Bernardo el de los Lobitos qui le passa au style flamenco en Andalousie.
Lors d’une interprétation télévisée, Rocío Jurado nous offrit de délicieuses bamberas, avec beaucoup de grâce. L’artiste originaire de Chipiona (région de Cadix) informa sous forme didactique l’ensemble des téléspectateurs de l’origine de ce chant. Le terme bamberas vient de bamba, de columpio (balançoire). En Andalousie, les dimanches et jours fériés ensoleillés, les jeunes hommes et femmes avaient pour habitude d’aller se promener à la campagne. La balançoire de cordes attachée à un arbre ne cessait de balancer les filles, poussées par leurs prétendants qui en profitaient pour les courtiser. Même si Carlos Almendros ne les intègre pas à son arbre généalogique, ce chant a toujours été inclus au domaine du flamenco de par le fort caractère que lui donna la célèbre cantaora La Niña de los Peines, en les amenant à des mesures de soleares à un rythme plus accéléré. Les bamberas les plus sensuelles et représentatives furent celles chorégraphiées par Cristina Hoyos pour son spectacle Al compás del tiempo, interprété à la danse par le trio féminin, Hiniesta Cortés, Carmen Lozano, Manuela Ríos et par Susana Casas, accompagnée magnifiquement par les guitaristes José Luis Rodriguez, Manuel Pérez, et el Juani, ainsi que des cantaors Rafael Utrera, David Lagos et…
Marianaest un nom mentionné dans l’une de ses paroles. On dit que les Gitans appelaient Mariana les animaux dressés qu’ils faisaient danser ou monter par des escaliers au rythme du panadero, tels que des singes, des chèvres, des ours, etc. Ce chant qui, d’après Mairena et Molina, naquit et mourut sans gloire, fut adapté par les Gitans au style flamenco du recueil de chansons populaires andalouses, s’apparentant aux tientos. On doit la divulgation de ce chant au Niño de las Marianas, nom artistique de Luis López (Séville, 1889- Madrid, 1963), père de l’illustre guitariste Luis Maravillas. Son successeur Pastora Pavón, La Niña de los Peines, lui injecta sa particulière gitanerie. José Otero, dans son œuvre Tratado de bailes (Traité de danses), éditée à Séville en 1912, nous informe que les marianas sont une des danses modernes ayant le plus de succès. Nous pouvons ainsi en déduire que ce chant jouissait d’un fort prestige au début du XXe siècle. Otero précise que ce fut l’immense Segura qui les incorpora à la danse, tout en spécifiant que la première à avoir exécuté cette danse à Séville fut La Argentinita, qui l’interpréta avec des palillos.
La Grande Encyclopédie d’Andalousie nous informe que ces chants populaires s’apparentant aux chants de Noël furent adaptés au style flamenco par les religieuses d’Utrera au XIXe siècle. Ceux ayant déjà écouté en direct les sœurs carmélites durant la messe de minuit du 24 décembre, à travers les grilles de la clôture religieuse du Couvent de la Concepción ainsi que ceux ayant été possédés par la liturgie du flamenco qui en découlait, ne seront pas du tout surpris par cette information. Les religieuses du flamenco sont aux Cieux et appartiennent au chœur des chants populaires de Manuel Torres, qui, d’après des experts, fut celui qui donna à ces chants folkloriques cette véritable identité de flamenco. Ce fut ensuite au tour de La Niña de la Puebla de les populariser. Cette cantaora qui dominait pourtant tous les registres de chant, excellant surtout dans les fandangos malagueños, se voyait obligée lors de toutes ses représentations d’interpréter des chants populaires (campanilleros) afin de satisfaire son public.
Il s’agit d’un chant à caractère lugubre. Ils sont très peu à l’interpréter soit à cause de ce qu’en dit la copla (chanson populaire), « La perdition des hommes », soit parce qu’ils assurent qu’elle porte malheur. Cependant, nous sommes sûrs que la Petenera, cette femme dont ils disaient qu’elle avait eu une vie agitée, n’était en aucun cas superstitieuse. En ayant choisi de vivre libre, elle idéalisait l’amour de manière à la trouver uniquement à travers la mort. Le style par peteneras obtint une grande notoriété à partir des vingt dernières années du XIXe siècle, et aussi bien pendant la vie de l’énigmatique cantaora qu’après sa mort, ses paroles furent diffusées dans tous les établissements où l’on rendait un culte au flamenco. Le personnage de La Petenera a inspiré différents chorégraphes de danse espagnole. En 1958, aux côtés de la danseuse Pastora Martos, je représentai pour la première fois ma version de La Petenera au Théâtre Candilejas de Barcelone. Plus tard, nous l’interprétâmes lors de diverses tournées avec les Jeunesses Musicales de France. En 1964, Isabel Blancafort la dansa à Cadaqués, puis à Berlin mais aussi à l’occasion de différentes tournées en Angleterre. La petenera était une danse qui plaisait aussi…
Le chant et la danse originaires de Séville, les sevillanas, proviennent des seguidillas manchegas ou castellanas. Sa joie contagieuse séduit à toute l’Andalousie et sont actuellement connues dans le monde entier. Au XVIIIe siècle, avec l’essor de la danse bolero dans toute l’Europe, les sevillanas se séparent de la seguidilla pour intégrer le répertoire du style bolero. Les trois types de sevillanas boleras que nous conservons exigent une préparation consciencieuse en danse académique afin d’être bien interprétées. De nos jours, il existe quatre sortes de sevillanas que le peuple danse. Ce n’est pas une danse facile comme il semblerait à première vue, qui peut s’apprendre rapidement. Cependant, bien que celle-ci donne une sensation d’improvisation et de spontanéité, elle dépend d’une structure et de normes. Une fois appris, l’individu doit oublier sa technique et se libérer de ses chaînes en lui imprimant son propre charme.