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Granaínas et media granaína Il ne nous reste plus qu’à mentionner les granaínas et medias granaínas, qui bien qu’elles soient issues des malagueñas, si on observe l’arbre généalogique, nous nous rendrons compte qu’elles sont les plus éloignées du tronc des malagueñas. Nous aurons recours au livre Mundo y Formas del cante flamenco dans lequel les auteurs, Molina et Mairena, font une nette différence entre les chants. Il y a deux modalités : la granaína et la media granaína. La granaína est plus simple et jolie. Interprétée par un bon cantaor, elle peut acquérir quasiment les mêmes qualités que la malagueña… La media granaína, en revanche, est une chanson délicate et précieuse qui produit plus de l’admiration que de l’émotion. Ces chants, étant apparus dénués de rythme, furent ignorés dans le monde de la danse. Ce fut dans les années 2000 que la bailaora Merche Esmeralda les utilisa pour la première fois dans son œuvre de flamenco Tormenta de arena, avec audace et mélisme de la cantaora Charo Manzano.
Le cantaor et guitariste originaire de Malaga Juan Breva est également le créateur de la danse abandolao. En donnant un air lent et semblable à celui du flamenco aux verdiales (chants traditionnels), ceux-ci se convertissent en bandolas, passant à occuper sur l’arbre généalogique une branche du tronc des malagueñas. Il existe différentes versions locales de la bandola: les rondeñas, les jaberas, le zángano, etc. De la même manière que la malagueña, la rondeña provient également du style boléro et connut un bel essor au XIXe siècle.
Pour tirer au clair les différentes formes de malagueñas existantes, nous devons nous référer de manière indéfectible aux Malaguènes qui en sont à l’origine. Les modalités connues les plus anciennes sont attribuées à Juan Breva et à Enrique el Mellizo, bien que ce soit Antonio Chacón (d’après Anselmo González Climent) à qui on a attribué le mérite de l’avoir élevée à la catégorie de cante grande. Cependant, Molina et Mairena défendent le fait que la malagueña ait été sublimée par différents cantaores et non pas seulement par Chacón. Fosforito el Viejo, Trinidad Navarro, El Canario, El Perote, Ohana: tous furent cantaores d’un style personnel de ce palo, hormis Enrique Mellizo, à qui l’on attribue deux modalités, et Antonio Chacón avec au moins cinq modalités. De nos jours, il est à souligner le très célèbre cantaor Enrique Morente, qui avec un nouvel accent, les recrée et les personnalise. Soyons clair sur un point : ces malagueñas sur lesquelles on peut danser, ne gardent aucune relation entre elles. Si l’on parle de la danse, nous devons remonter au XVIIIe siècle, lorsque le conducteur de calèche sévillan et professeur de danse Antonio Boliche, à qui l’on attribue l’invention su style boléro, recruta parmi d’autres…
Les verdiales sont l’une des formes les plus primitives de fandango andalou. Il s’agit d’un chant typiquement mauresque dans lequel résonnent les échos du fandango authentique des Arabes d’origine andalouse. Ils reçoivent le nom de la région productrice d’olives de Malaga où ils apparurent. Les bandes de verdiales sont les groupes constitués de musiciens, cantaores et bailaores. Ils sont accompagnés par des guitares, des violons, des tambourins, des sagattes, des castagnettes, des tubes et des mortiers en métal. Leurs tenues sont très réjouissantes et spectaculaires. Une grande polychromie de rubans prédomine dans leur conception. La robe des femmes rappelle une ancienne robe de soirée d’une paysanne de Malaga. La tenue de l’homme est très simple: pantalon, chemise, ceinture et gilet. Celle-ci contraste avec le style baroque du chapeau de paille qu’ils portent, recouvert d’objets fantaisistes, de reflets et de larges bandes multicolores. Ce qu’il y a de plus vigoureux et de joyeux dans ce style de musique aussi beau inspira de nombreux chorégraphes, durant l’époque dorée de la danse espagnole, à monter de nouvelles réalisations pour leurs spectacles. Parmi celles-ci, il est à souligner celles des ballets de Pilar López, José Toledano, Emma Maleras et Antonio.
Il s’agit de l’un des chants et danse les plus vétustes, son lien de parenté est associé aux fêtes arabo-andalouses et aux kharjas mozarabes. Il semblerait que le fandango se diffusa pendant plusieurs siècles sur tout le territoire espagnol, s’installant dans toutes les régions. Le fandango mauresque avant d’être flamenco s’était déjà converti en jotas, alboradas, muñeiras, boleros, malhaos, etc…   Un tourbillon de fandangos envahit toute l’Andalousie, bien que les plus célèbres fandangos s’installassent à Huelva et ses alentours, dominés par ceux d’Alonso, sur lesquels il est plus facile de danser, Calañas, Valverde del Camino, etc… Aussi bien les habitants de Huelva que ceux de Séville se sentent fiers de posséder le chant et la danse les plus représentatifs d’Andalousie, avec lesquels ils expriment, oubliant ainsi leurs malheurs, la beauté, la joie et le charme que possède notre terre.
Son chant rappelle les discours des marchands ambulants des villages andalous. Il s’agit d’une variante des alegrías avec toute la saveur de Cadix, bien qu’il semblerait que, depuis le début du XXe siècle, les cantaores lui donnèrent un côté madrilène lorsqu’ils interprétaient leur art dans les cafés-chantants de Madrid. En 1950, la danse sur fond de caracoles figurait déjà au répertoire du Ballet de Pilar López. D’après Pilar López, ce chant était complètement passé aux oubliettes. El Niño de las Marianas, père du guitariste Luis Maravillas, l’enseigna à Ramón de Loja, qui était le cantaor qui faisait partie de la troupe de Pilar López lorsque la danseuse eut la brillante idée de réaliser cette chorégraphie.
Il est dit que le chant par mirabrás se forgea à Sanlúcar de Barrameda. José el Granaíno, également connu sous le nom de José el de Sanlúcar et spécialiste en chants gaditans, revendiqua en être le créateur. L’origine étymologique du terme mirabrás, sur lequel coïncident différents auteurs sans pour autant être unanimes, provient de l’altération de mira Blas ou bien de mira y verás… Ce palo, possédant le même accompagnement et rythme que les alegrías, est un chant qui exige de nombreuses facultés et d’être bien attentif. Il n’est pas profond, mais de la bouche du savant Antonio Chacón, il se convertit en un chant éblouissant incitant à danser. D’autres illustres interprètes de ce palo furent : Paco el Gandul, El Negro de Rota, El Tiznao, et Pericón de Cádiz.
La création de ce rythme est attribuée au cantaor Romero el Tito, un autre remarquable interprète de la fin du XIXe siècle. La romera fut revalorisée au milieu du XXe siècle grâce à Antonio el Chaqueta, Antonio Mairena, María Vargas, El Cholocate, Chano Lobato et El Sordera. Il est probable que ce chant ait reçu le nom d’une cantaora appelée La Romera, femme d’une extrême beauté, énigmatique et ayant connu une vie turbulente comparable à celle de La Peternera qui mourut également de manière tragique.
Il ne fait aucun doute que les alegrías ont été et restent les « airs de Cadix » les plus répandus. Alegría signifie joie, fête, bonheur, diversion; tout conte conforme le bonheur des Gaditans. Si, au début, seules les femmes dansaient les alegrías dans les cafés chantants, elles feraient plus tard partie du répertoire des bailaores : Miracielos, créateur de Las Rosas, El Raspao, El Jorobao de Linares, Antonio el de Bilbao, aux côtés de José Sánchez El Estampío, qui se présentait comme étant le meilleur bailaor d’Espagne d’alegrías. Ceux-ci furent les bailaores les plus remarqués de ce palo, même si ce fut Estampío, en ouvrant son école à Madrid, qui la restructura, créant un modèle que suivirent tous les bailaores et bailaoras de l’époque dorée de la danse.
Cantiñas, comme nous pouvons l’apprécier sur l’arbre généalogique, est le nom générique donné aux chants et aux danses de la riche province de Cadix, tels que les alegrías, romeras, mirabas et caracoles. Il est dit que les cantiñas découlent de la jota qui se chantait et se dansait à Cadix au début du XIXe siècle. De cette jota que les Aragonais nous laissèrent lors de leur mobilisation en Andalousie afin de partir en guerre contre les troupes de Napoléon, naitraient ces airs gaditans, qui, d’après des auteurs experts en la matière, ne commenceraient pas à se développer avant le dernier quart du XIXe siècle. Il est dit que ce fut Enrique el Mellizo qui créa les alegrías, branche qui comme nous le savons tous provient de la soleá.
Les bulerías représentent le palo grâce auquel les gitans reflètent le mieux leur joie. Ce rythme en mesure à 3/8, protégé par la soleá, jouit de nombreux styles : les bulerías festeras ou pour danser, et les bulerías al golpe ou pour chanter. Seuls quelques cantaores s’essaient à la bulería. Il est possible de chanter très bien l’ensemble des palos du flamenco, mais si la bulería n’est pas accompagnée par le duende, mieux vaut ne pas montrer le bout de son nez. Leurs paroles sont, pour la plupart, apaisantes et burlesques. C’est d’ailleurs peut-être pour cela que ce palo s’appelle burlerías, qui par déformation se transformera ensuite par bulerías. Les bulerías de la cantaora et bailaora La Cañeta de Málaga interprétées aux côtés d’Antonio Gades sont tous simplement inoubliables ; encouragé par l’art du flamenco de La Cañeta, le danseur se métamorphosait en bailaor, et ensemble ils enflammaient tous les soirs la scène.
Cadix, la Tacita de Plata (La petite tasse d’argent), et ses ports sont l’un des foyers les plus riches d’Andalousie en chant et danse. Leurs tanguillos autochtones reflètent l’originalité de ce village qui chante au quotidien. Leurs paroles sont chargées de plaisanteries et de satires, tout en évitant de blesser personne, comme nous pouvons l’observer au sein des groupes de chirigotas et de comparsas qui durant toute l’année préparent leurs chansons ironiques, avec lesquelles ils concourent lors de la période carnavalesque. Différents auteurs coïncident sur le fait que ce furent les rythmes afro-cubains qui alimentèrent les chirigotas, comparsas et tanguillos. Les tanguillos de Los Anticuarios, qui apparurent en 1905, ont été les plus répandus sur scène, quasiment toujours accompagnés à la danse par une femme. L’illustre Estampía prêta, aux alentours des années 40 du siècle dernier, quelques-uns de ses groupes de zapateado ; un ajout qui enrichit cette danse, un petit peu trop courte jusque-là, lorsque les professionnels le dansait dans des théâtres et tablaos.
Les tientos ne sont, ni plus ni moins, que des tangos chantés avec douceur, lenteur et prudence. Il s’agit d’un chant solennel possédant un grand calme intérieur. Le rythme est le même dans les deux cas. Le guitariste peut passer du sentimentalisme des tientos à l’air festif des tangos, en accélérant uniquement le toque. Leurs paroles sont souvent pathétiques, saisissantes, sentencieuses et proches du romantisme. La création de la danse sur fond de tientos est attribuée au bailaor du XIXe siècle Joaquín el Feo.